Laurence Lebigre
Hypnothérapeute - Sophrologue - Energéticienne
Rueil-Malmaison

…si vous accompagnez un proche qui souffre

A vous tous,

Comme moi, vous avez sans doute passé des fêtes un peu étonnantes  cette année, en cercle restreint, avec en tête les précautions d’usage depuis plusieurs mois…

Et surtout, loin d’autres membres de votre famille ou d’amis proches que vous aviez peut-être l’habitude de côtoyer en cette période de fêtes et à qui il a fallu se résigner à souhaiter les « meilleurs vœux » par téléphone…

Force est de constater que cette période de  «fêtes» a été un peu triste.

En ces temps propices au recueillement, mes pensées vont à toutes celles et tous ceux qui souffrent et qui se sentent isolé(e)s.

Je pense aussi aux «aidants», à celles et ceux qui accompagnent leur mari, leur femme, leur père, leur mère, leur enfant, un parent ou un ami dans le combat contre une grave maladie, un cancer, Alzheimer, une maladie auto-immune, des problèmes cardiaques…

Les soins prodigués à des proches restent aujourd’hui encore une affaire largement privée, dont on ne parle pas  alors qu’il s’agit de moments charnières de l’existence qui peuvent avoir un impact profond sur la santé psychique, la vie professionnelle et sentimentale.

Si vous êtes dans cette situation, j’aimerais humblement vous donner quelques suggestions que j’ai recueillies auprès de médecins, de proches de malades...

J’espère que ces propositions pourront vous aider à trouver la force de prendre soin de votre proche qui en a besoin le mieux possible, sans pour autant vous perdre vous-même.

Donnez-vous le temps nécessaire

L’envie de préserver ce qui existe prédomine toujours dans les premiers temps qui suivent l’annonce d’un diagnostic d’une maladie grave. C’est normal.

Vous n’avez pas envie que votre relation avec votre proche change radicalement.

Vous doutez, vous cherchez un compromis avec la réalité.

Cette partie de vous qui résiste, qui refuse la souffrance de votre proche est essentielle.

Oui, la maladie est injuste et cruelle.

Il n’est pas facile de retrouver ses marques et il est normal de se sentir dépassé. 

Peut-être que certains jours vous avez envie de tout quitter, de vous échapper, de souffler un peu, ne serait-ce qu’un instant.

D’autres jours, vous vous sentez prêt à vous battre et à trouver des solutions coûte que coûte.

Chacune de ces réactions répond à nos besoins les plus profonds.

Vous aurez besoin de temps pour vous habituer à tous les changements qui peuvent survenir dans votre relation.

Demandez-vous sincèrement quelles sont les modifications que vous avez de la peine à supporter.

Parfois, la personne malade elle-même a du mal à reconnaître sa souffrance.

Au lieu de dire : «Je suis en colère car cette maladie m’empêche de garder mon indépendance!», la personne rejettera l’accusation sur son entourage proche : «Tu fais exprès de placer les objets hors de ma portée?»

C’est un schéma courant. Essayez de ne pas prendre ces reproches personnellement.

Ces explosions de colère ne vous sont pas destinées, mais sont l’expression d’un sentiment d’impuissance face à la maladie.

Si la personne sent qu’elle est acceptée et écoutée malgré son agressivité, elle parvient souvent peu à peu à mieux la verbaliser et à la gérer.

Écoutez vos émotions et respectez vos limites

Dans les premiers moments de l’accompagnement  un tourbillon de sentiments les plus divers peut s’éveiller en vous.

Les sentiments douloureux sont difficiles à contrôler, surtout en situation de crise.

L’important est de les reconnaître, les accepter et les nommer.

D’autres sentiments peuvent vous paraître incongrus ou inappropriés : là encore, laissez libre cours à toutes vos émotions et n’en ayez pas honte.

Essayez dès le début de vous accorder régulièrement de petits moments bien à vous, qui vous aident à recharger vos batteries.

Ne laissez pas les sentiments négatifs prendre le dessus. Consacrez du temps aux choses qui vous font du bien : la cuisine, le jardinage, du sport, des balades, danser, écouter ou jouer de la musique, lire, écrire….

Vous serez plus utile à votre proche malade reposé qu’éreinté et surmené.

Vous n’avez pas à «vous sacrifier», il est souvent plus épanouissant d’envisager votre relation avec votre proche qui souffre comme un échange où chacun donne et reçoit.

Une attention excessive ou un débordement de prévenance peuvent aussi étouffer votre proche. Il peut désirer, par exemple, être un moment seul ou exécuter certaines tâches lui-même, mais n’ose pas le dire, car il sent que vous lui voulez du bien.

C’est pourquoi il est recommandé de se concerter ouvertement sur quelles tâches la personne peut et aimerait encore exécuter.

Essayez autant que possible de passer avec votre proche de bons moments qui mettent la maladie entre parenthèses, l’espace de quelques minutes ou de quelques heures.

Evoquez avec lui vos souhaits, ainsi que les siens. Peut-être certains d’entre eux pourront-ils se concrétiser.

Partez en quête d’écoute et de partage

Rappelez-vous que vous n’êtes pas seul à vivre cette situation.

On estime qu’un Français sur cinq doit chercher comment concilier activité professionnelle, responsabilités familiales, vie sociale et soins prodigués à un proche.

Vous pouvez vous rapprocher de groupes de paroles dédiés aux « aidants familiaux », aux groupes de proches touchés par la maladie d’Alzheimer, d’associations comme la Ligue contre le cancer…

Ce sont souvent des espaces privilégiés qui réunissent, hypnothérapeutes, sophrologues, psychologues et personnes souffrant du même mal où vous pourrez vous confier auprès de personnes qui vous comprennent, sans peur d’être jugé(e).

Si vous êtes allé(e) au bout de vous-même, que vous avez fait le maximum et que la situation vous dépasse, laissez décider un professionnel de santé ou un autre membre de la famille.

Parfois c’est un burn-out, un malaise, un accident ou une maladie qui peuvent vous imposer d’autres priorités.

Dans tous les cas, vous n’avez aucun regret à avoir.

Donnez du sens à ce que vous vivez

La maladie et la perte d’autonomie d’un proche retentit toujours sur tous les membres de la famille.

Il faut s’adapter à une réalité qui évolue, qui vous oblige sans cesse à revoir les priorités et à vous recentrer sur ce qui est le plus essentiel.

Mais dans cet accompagnement, il y a souvent des moments inoubliables, de joie, de tendresse, des partages émouvants, et des ressources insoupçonnées qui jaillissent par la force des choses.

Gardez en tête que si la maladie d’un proche peut vous déstabiliser, qu’elle vous oblige à revoir vos priorités et à changer, c’est rarement pour le pire.

Ce sont des moments transformateurs, qui peuvent vous rendre plus authentique, plus conscient de ce qui compte vraiment pour vous, ou encore vous donner l’occasion de vous réconcilier avec le passé.

Peut-être pouvez-vous trouver une certaine sérénité à simplement faire, sincèrement, ce que vous pouvez pour votre proche.

Souvent inconsciemment, les proches très investis dans l’accompagnement et le soin pensent ne pouvoir aller bien que quand leur proche malade « va bien ».

Chercher à ce qu’il aille bien, c’est vous fixer un objectif qui ne dépend pas de vous.

Même s’il « va mal », il peut « se sentir bien » et trouver lui aussi une forme de sérénité dans l’épreuve de la maladie. Cette différence est fondamentale.

Parvenir à «être bien» même si on «va mal», n’est-ce pas le plus important ?

Car même si votre proche est très malade et sait peut-être qu’il n’ira jamais mieux, rappelez-vous que vous pouvez l’aider à se «sentir bien» malgré tout.

Parce que vous lui cuisinez un bon plat réconfortant, que vous arrivez à lui donner le sourire, que vous l’écoutez, que vous lui prenez la main…

Parce que vous êtes là pour lui, parfois découragé(e), parfois épuisé(e), avec vos hauts et vos bas, ET vous êtes là, tout simplement.

Et cela change tout

Portez-vous  bien.


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